La séparation des départements de la Jeunesse et des Sports marque un tournant dans la gouvernance publique du sport en Guinée. En redonnant au sport un ministère de plein exercice, les autorités affichent leur volonté de faire de ce secteur un véritable levier de développement, de cohésion sociale et de rayonnement international. Mais au-delà de la réforme institutionnelle, c’est désormais la capacité à produire des résultats qui sera observée.
Officiellement installé dans ses fonctions mercredi dernier par le ministre secrétaire général du Gouvernement, Benoît Kamano, Mamadou Cellou Baldé prend les commandes d’un département confronté à de nombreux défis. Entre les crises récurrentes au sein de certaines fédérations sportives, le manque d’infrastructures modernes, les difficultés de financement et la faible professionnalisation de plusieurs disciplines, les attentes sont particulièrement élevées.
Le nouveau ministre en est conscient. Lors de son installation, il a déclaré mesurer pleinement l’ampleur de la mission qui lui est confiée et s’est engagé à poursuivre sans relâche les réformes déjà entamées afin de bâtir un sport guinéen plus performant, plus professionnel et davantage tourné vers l’excellence. Un engagement qui fixe une ligne directrice claire, mais qui appelle désormais des actions concrètes.
Le retour d’un ministère exclusivement consacré aux Sports constitue une opportunité à saisir. Cette nouvelle configuration administrative devrait permettre une meilleure coordination des politiques sportives, un suivi plus rigoureux des fédérations et une accélération des projets structurants. Encore faudra-t-il que cette autonomie s’accompagne de ressources suffisantes, d’une gouvernance exemplaire et d’une vision stratégique à long terme.
Aujourd’hui, le sport guinéen n’a pas seulement besoin de nouvelles ambitions. Il a besoin de stabilité, d’investissements, d’infrastructures de qualité et d’une gestion transparente capable de restaurer la confiance des athlètes, des dirigeants et des partenaires. Les talents existent. Ce qui manque souvent, c’est un environnement favorable à leur éclosion.
La nomination de Mamadou Cellou Baldé ouvre ainsi une nouvelle page. Mais cette page ne sera véritablement écrite que par les actes. Dans un secteur où les promesses ont souvent précédé les résultats, le nouveau ministre sera jugé sur sa capacité à faire progresser durablement le sport guinéen. Les acteurs du mouvement sportif, comme l’opinion publique, attendent désormais des réformes visibles, des décisions courageuses et des performances à la hauteur des ambitions affichées.
Par Marif Youla,  journaliste Sportif