Le remaniement gouvernemental intervenu après la dissolution du ministère de la Jeunesse et des Sports marque un nouveau chapitre dans l’organisation de l’action gouvernementale. Parmi les faits les plus marquants figure le retour de Lansana Béa Diallo aux affaires, cette fois à la tête du ministère de la Jeunesse. Une nomination qui suscite autant d’attentes que d’interrogations.
Écarté du gouvernement lors de la précédente réorganisation, Lansana Béa Diallo effectue un retour qui ne ressemble pas à un simple recyclage politique. Il revient avec une expérience acquise au cours de son premier passage, alors que la Jeunesse et les Sports étaient réunis au sein d’un même département ministériel, une meilleure connaissance des réalités de ces deux secteurs et, surtout, une occasion de démontrer que les ambitions affichées hier peuvent désormais se traduire en résultats concrets.
Le contexte est toutefois différent. La dissolution de l’ancien ministère de la Jeunesse et des Sports a conduit à la création de deux départements distincts. Désormais à la tête du ministère de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo pourra consacrer toute son énergie aux politiques en faveur de la jeunesse. Cette nouvelle configuration enlève l’argument du partage des priorités. Les regards seront désormais tournés exclusivement vers les performances de son département.
Les défis sont immenses. Promotion de l’emploi des jeunes, entrepreneuriat, formation, engagement citoyen, accompagnement des mouvements de jeunesse et développement des initiatives en faveur de l’épanouissement des jeunes : autant de dossiers qui exigeront des décisions fortes et une vision claire.
Le retour de Lansana Béa Diallo constitue également un signal politique. Il traduit une volonté des autorités de redonner sa chance à un responsable dont l’action continue de faire débat. Mais en politique, les discours séduisent rarement longtemps. Seuls les résultats permettent de convaincre.
Plus que jamais, la jeunesse guinéenne attend un ministère capable d’être un véritable moteur des politiques publiques en sa faveur, de promouvoir des opportunités concrètes et de faire de la jeunesse un véritable levier de développement pour la Guinée.
Le temps des promesses est désormais révolu. Pour Lansana Béa Diallo, ce retour aux commandes représente une seconde opportunité, mais aussi une responsabilité plus grande. L’histoire retiendra moins son retour que les réformes qu’il aura engagées et les résultats qu’il aura obtenus. Car en politique, les secondes chances ne valent que par les résultats qu’elles produisent.
Par Marif Youla,  journaliste Sportif