L’homologation temporaire du Stade du 28 Septembre par la Confédération africaine de football (CAF) continue de susciter des réactions en Guinée. Au-delà de la satisfaction liée au retour provisoire de l’infrastructure dans le circuit des compétitions africaines, les déclarations du ministre des Sports, Mamadou Cellou Baldé, ont relancé le débat sur les chiffres liés aux travaux et aux investissements consentis pour la rénovation du stade.
En conférence de presse, le ministre des Sports a assuré que les autorités disposent désormais d’éléments leur permettant de situer les coûts dans une fourchette jugée cohérente.
« À notre prise de fonction en février 2026, soit six mois avant, nous nous sommes posé la bonne question sur ces chiffres. Nous avons eu la bonne information et nous pouvons conclure que nous sommes dans la bonne fourchette », a déclaré Mamadou Cellou Baldé.
Cette sortie n’est pas restée sans réaction. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Keamou Bogola Haba, estime que le public guinéen est en droit d’obtenir des explications précises sur l’utilisation des ressources publiques consacrées au stade. Selon lui, la « bonne information » ayant convaincu le ministre doit également être portée à la connaissance de l’opinion.
« Comme le ministre en charge du domaine, le public mérite bien la bonne information qui a convaincu le ministre. Le peuple mérite effectivement des explications et l’ensemble des acteurs doivent faire ce travail pédagogique », a-t-il déclaré dans une tribune intitulée « Reconstruction ou rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo ? 250 millions de dollars d’investissements : le vrai débat n’est pas le montant, c’est ce qu’il finance », rendue publique par nos confrères mosaiqueguinée.com via la page Facebook.
Pour l’ancien ministre, le débat sur les dépenses publiques est non seulement légitime, mais également nécessaire dans une démocratie. Il considère que les interrogations exprimées par certains citoyens et observateurs doivent être prises au sérieux, à condition qu’elles reposent sur des informations exactes et vérifiables.
Keamou Bogola Haba dit ainsi vouloir contribuer à un débat qu’il juge « sain », tout en précisant que sa prise de parole ne constitue qu’une première étape.
« Cette tribune n’est que le début de ma modeste contribution, car ce débat continuera à l’image des autres débats sur le football », a-t-il ajouté.
Derrière cette controverse se pose donc une double question : celle de la transparence dans la gestion des fonds publics et celle de la nécessité de fournir des données précises sur les travaux réalisés au Stade du 28-Septembre. Alors que son homologation par la CAF n’est pour l’instant que temporaire, le débat sur les investissements, les travaux et les conditions nécessaires à l’obtention d’une homologation définitive est loin d’être clos.
Au-delà de la polémique, les deux prises de position convergent sur un point : l’opinion publique attend désormais des informations claires, documentées et accessibles sur les travaux réalisés dans ce stade historique de la capitale guinéenne.
Marif Youla



