I. Les faits dénoncés
Lors de l’émission télévisée de CIS TV, le journaliste Lance Koivogui a révélé une conversation téléphonique entre l’actuel président de la Fédération Guinéenne de Football et un ancien joueur du RCCK.
Selon cette dénonciation, le président aurait tenté de convaincre le joueur de rejoindre le Milo FC, son club, en lui promettant une sélection au Syli National par l’entraîneur Pablo Duarte.
Le dossier, déjà transmis à la Commission d’éthique de la FIFA avec traduction certifiée, est désormais entre les mains des instances internationales.
II. Qualification juridique des faits
1. Conflit d’intérêts manifeste
– L’utilisation de la fonction fédérale pour favoriser un club personnel viole le principe de neutralité imposé par les statuts de la FIFA.
– L’article 19 du Code d’éthique de la FIFA interdit tout conflit d’intérêts et impose aux dirigeants de préserver l’intégrité de leurs fonctions.
2. Ingérence interdite
– Les règlements de la FIFA sur le statut et le transfert des joueurs stipulent que les transferts relèvent exclusivement des clubs.
– L’intervention directe d’un président de fédération dans une négociation contractuelle constitue une ingérence injustifiée.
3. Faute lourde
– Promettre une sélection nationale en contrepartie d’un transfert est une pratique assimilable à un abus de pouvoir.
– Une telle promesse viole les principes d’équité sportive et d’indépendance des sélections nationales.
III. Conséquences juridiques possibles
– Si le Comité Exécutif ne procède pas à la révocation de Sory Doumbouya, il pourrait être considéré comme complice de ce conflit d’intérêts.
– La Commission d’éthique de la FIFA pourrait sanctionner l’ensemble du Comex.
– La Guinée risquerait une mise sous Comité de normalisation, mesure grave qui suspendrait l’autonomie de la Fédération nationale.
IV. L’urgence d’invoquer l’article 40 des statuts de la Féguifoot
Il est extrêmement urgent qu’un membre du Comité Exécutif invoque l’article 40 des statuts de la Fédération Guinéenne de Football, qui prévoit la possibilité d’une révocation provisoire d’un dirigeant en cas de faute lourde ou de conflit d’intérêts avéré.
Cette disposition permet de protéger immédiatement l’institution contre les dérives individuelles et d’éviter une sanction collective de la FIFA.
V. Procédures parallèles et nouvelles preuves
– Procédure devant la CRIEF : Sory Doumbouya est également poursuivi devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) pour des faits présumés de détournement des deniers publics.
– Preuves du Secrétaire Général : Le Secrétaire Général de la FGF disposerait de preuves irréfutables démontrant l’implication directe de Sory Doumbouya dans la gestion du Milo FC, notamment plusieurs chèques signés de sa main pour des paiements au profit de ce club.
– Révélations de l’ancien président de la commission des arbitres : Ce dernier aurait transmis à la Commission d’éthique de la FIFA des preuves de manipulation de résultats de matchs en faveur du Milo FC.
– Implication dans les transferts de joueurs : Sory Doumbouya serait directement impliqué dans les transferts de Bachir Bangoura (ex-Académie Antonio Souaré) et Alhassane Bangoura (ex-FC Séquence, club du Directeur Technique national). Le FC Séquence aurait réclamé les fonds directement à Sory Doumbouya, et le Directeur Technique national a été suspendu à la suite de ces pratiques.
VI. Conclusion
Les faits dénoncés, corroborés par des preuves financières, des témoignages internes et des procédures judiciaires en cours, constituent une violation grave des règles de gouvernance du football international et s’ajoutent à des accusations de détournement de fonds au niveau national.
Ils traduisent une utilisation abusive d’une fonction fédérale à des fins personnelles et compromettent l’intégrité du football guinéen.
En conséquence, la révocation provisoire de Sory Doumbouya, sur la base de l’article 40 des statuts de la FGF, apparaît comme une mesure juridiquement nécessaire et politiquement urgente afin de préserver la Fédération Guinéenne de Football d’une sanction collective et d’éviter la mise sous Comité de normalisation.



