À l’approche du congrès électif de la Fédération Guinéenne de Football (Féguifoot), le débat semble progressivement s’éloigner de l’essentiel. Spéculations, rumeurs, supposés soutiens, trafics d’influence et calculs de coulisses alimentent les conversations, au détriment du véritable enjeu : quel projet pour sortir durablement le football guinéen de la crise ?
Il est temps de mettre fin aux interprétations et aux affirmations sans fondement. À ce jour, aucun candidat à la présidence de la Féguifoot ne devrait être présenté comme bénéficiant du soutien officiel de la Présidence de la République, en l’absence d’une déclaration ou d’une position officielle en ce sens. La Présidence de la République ne saurait être transformée en argument de campagne ou en instrument de pression sur les électeurs statutaires.
Le congrès électif doit rester un rendez-vous sportif, institutionnel et démocratique. Les candidats doivent être jugés sur leur vision, leur programme, leur capacité à rassembler et surtout sur leur aptitude à proposer des solutions concrètes aux difficultés qui minent le football guinéen.
Le consensus ne peut pas remplacer l’élection
Depuis quelque temps, certains plaident pour un consensus entre les différents candidats afin de parvenir à une sortie de crise. L’intention peut sembler louable, mais un consensus imposé ou construit dans les couloirs ne constitue pas nécessairement une solution durable.
Le football guinéen n’a pas seulement besoin d’un arrangement entre personnes. Il a besoin d’une direction légitime, issue d’un choix clair des électeurs statutaires.
Si plusieurs candidats estiment avoir le meilleur projet pour la Féguifoot, qu’ils le défendent devant les électeurs. Que chacun présente sa vision du développement des compétitions nationales, de la formation, des équipes nationales, du football féminin, de l’arbitrage, des infrastructures, de la gouvernance et de la gestion financière.
C’est le projet sportif qui doit départager les candidats, et non les rumeurs de couloir.
La Féguifoot n’a pas besoin d’un président désigné dans l’ombre
Après plusieurs années marquées par des tensions et des crises institutionnelles, le football guinéen mérite mieux que des batailles d’influence.
Il mérite une élection transparente, crédible et respectueuse des textes. Il mérite que chaque électeur statutaire puisse exercer librement son choix, sans intimidation, sans pression et sans instrumentalisation d’une quelconque autorité.
Le futur président de la Féguifoot doit tirer sa légitimité des urnes et de la confiance des acteurs du football, pas de prétendus soutiens politiques brandis pour impressionner ou influencer.
Place au football, place aux projets
Le moment est donc venu de ramener le débat à l’essentiel.
Aux candidats de convaincre. Aux électeurs statutaires de comparer. Et au congrès de trancher.
La Guinée n’a plus besoin de spéculations sur « qui serait soutenu par qui ». Elle a besoin d’un véritable projet de reconstruction et de développement de son football.
Que chacun présente son projet. Que chacun assume son bilan, sa vision et ses engagements. Et que les urnes décident.
C’est à cette condition que le prochain président de la Féguifoot pourra disposer d’une légitimité suffisamment forte pour engager les réformes nécessaires et tourner définitivement la page des crises à répétition.
La sortie de crise ne se trouve ni dans les rumeurs, ni dans les trafics d’influence, ni dans un consensus de circonstance. Elle se trouve dans la légitimité, la transparence et le choix libre des électeurs statutaires.
Le football guinéen mérite enfin que le meilleur projet gagne.
Par Marif Youla ( journaliste Sportif)



