Depuis plusieurs années, la Fédération guinéenne de football (Féguifoot) est confrontée à des crises à répétition. Conflits internes, luttes de leadership, rivalités personnelles, blocages institutionnels et guerres d’ego se sont succédé, fragilisant la gouvernance du football guinéen et ternissant son image sur la scène continentale.
Un constat s’impose : la plupart des dirigeants qui se sont succédé à la tête de la Féguifoot étaient issus du monde des clubs ou de celui des mécènes. Pourtant, malgré leur expérience, leurs moyens financiers et leur influence, ils n’ont pas réussi à installer une gouvernance stable, apaisée et durable.
Dès lors, une question mérite d’être posée : le moment n’est-il pas venu d’explorer un autre modèle de gouvernance ?
Les présidents de clubs et les mécènes jouent un rôle déterminant dans le développement du football. Leur engagement dans le financement, la formation des jeunes et la structuration de leurs équipes est indispensable. Mais la présidence d’une fédération nationale exige avant tout une vision d’intérêt général, une capacité à rassembler et une indépendance vis-à-vis des intérêts particuliers.
Confier la présidence la Féguifoot à une personnalité n’ayant aucun lien direct avec un club pourrait contribuer à réduire les conflits d’intérêts, à renforcer la crédibilité des décisions et à garantir une application plus rigoureuse des statuts de l’institution.
Cette approche est loin d’être inédite.
Dans plusieurs pays africains, des présidents de fédérations nationales de football ont été élus sans avoir auparavant dirigé un club. Issus de l’administration publique, du secteur privé, des forces armées ou des professions libérales, ils ont démontré qu’il était possible de conduire efficacement une fédération grâce à leurs compétences en management, en gouvernance et en gestion.
À titre d’illustration, on peut citer :
– Abdoulaye Fall (Sénégal), médecin de profession ;
– Djibrilla Hima Hamidou (Niger), officier supérieur des forces armées ;
– Lamine Kaba Bajo (Gambie), militaire, diplomate et homme politique ;
– Maclean Letshwiti (Botswana), homme d’affaires.
La Guinée a aujourd’hui besoin d’une Féguifoot moderne, crédible, transparente et impartiale. Une gouvernance fondée sur les compétences, l’intégrité et le respect des textes et statuts  pourrait permettre de restaurer la confiance des acteurs du football, des partenaires et des supporters.
L’enjeu dépasse les ambitions personnelles. Il s’agit de bâtir une institution forte, respectée, transparente et résolument tournée vers le développement du football guinéen.
Après plusieurs cycles marqués par des crises récurrentes, il serait légitime d’ouvrir la gouvernance de la Fédération Guinéenne de Football (Féguifoot ) à de nouveaux profils, porteurs d’une vision différente et affranchis des rivalités entre clubs.
Le football guinéen mérite une nouvelle dynamique. La présidence de la Féguifoot ne devrait pas être l’apanage des présidents de clubs ou des mécènes, mais rester ouverte à toute personnalité compétente, intègre, indépendante et capable de rassembler l’ensemble des acteurs du football autour d’un projet commun.
C’est à cette condition que la Féguifoot pourra durablement retrouver la stabilité, la crédibilité et l’efficacité dont le football guinéen a aujourd’hui besoin.