À l’approche du congrès électif de la Fédération Guinéenne de Football (Féguifoot), une question essentielle se pose : comment mettre définitivement un terme à la crise qui secoue le football guinéen depuis plusieurs années ?
Entre querelles internes, divergences de vision, conflits de personnes, règlements de comptes et intérêts parfois contradictoires, la Féguifoot peine à retrouver la stabilité nécessaire à la mise en œuvre d’une véritable politique de développement du football.
Face à cette situation, l’État guinéen ne peut pas rester spectateur. Il doit prendre ses responsabilités et contribuer à une solution durable.
L’État doit jouer un rôle déterminant dans le choix du président
Dans le contexte actuel, le choix du prochain président de la Féguifoot ne devrait pas être considéré comme une simple compétition électorale entre différentes candidatures.
Il s’agit avant tout de trouver une personnalité capable de rassembler une famille du football profondément divisée et de restaurer la confiance entre les différents acteurs.
C’est pourquoi l’État guinéen, à travers les autorités compétentes, devrait prendre ses responsabilités dans le choix d’une personnalité consensuelle, compétente, intègre et suffisamment indépendante pour diriger la Fédération sans être prisonnière des conflits antérieurs.
L’objectif ne serait pas de remettre en cause le rôle des membres statutaires, mais de favoriser l’émergence d’un candidat capable de faire l’unanimité autour d’un projet commun et de mettre fin au cycle des affrontements.
Éviter les conflits d’intérêts et les règlements de comptes
L’une des principales menaces qui pèsent sur le prochain bureau exécutif est le risque de voir les anciennes rivalités se poursuivre sous une nouvelle forme.
Le football guinéen ne peut plus se permettre que la direction de la Féguifoot soit utilisée comme un espace de règlement de comptes ou de défense d’intérêts particuliers.
Le prochain président doit être au-dessus des querelles personnelles. Il doit pouvoir dialoguer avec toutes les parties, travailler avec les clubs et les associations membres et défendre exclusivement l’intérêt du football guinéen.
C’est précisément pour cette raison qu’un accompagnement fort de l’État pourrait permettre de rechercher un profil consensuel, capable de réconcilier les différentes sensibilités.
Aux membres statutaires de choisir les vice-présidents et les membres du Comex
Si le choix du président doit être porté par une démarche de consensus impliquant l’État, la composition du reste du Comité exécutif doit, elle, respecter les mécanismes statutaires de la Fédération.
Les membres statutaires doivent pouvoir choisir les vice-présidents ainsi que les autres membres du Comité exécutif.
Cette distinction est importante : elle permettrait de combiner l’impératif de stabilité au sommet de la Fédération avec la légitimité démocratique des membres statutaires dans la composition du bureau exécutif.
Chaque composante du football guinéen doit ainsi pouvoir se sentir représentée et participer à la construction de la nouvelle gouvernance.
Un président pour réconcilier, pas pour diviser
Le prochain président de la Féguifoot devra avant tout être un rassembleur.
Il devra être capable de mettre autour d’une même table ceux qui se sont opposés hier et de faire comprendre à tous que les intérêts du football guinéen doivent passer avant les ambitions individuelles.
La priorité doit être donnée au développement des compétitions nationales, à la formation des jeunes, au football féminin, à la professionnalisation des clubs, à la formation des entraîneurs et arbitres, aux infrastructures et à l’amélioration de la gouvernance.
La Guinée possède des talents et un potentiel footballistique considérables. Mais ce potentiel ne pourra véritablement s’exprimer que dans un environnement institutionnel stable.
Le congrès doit être celui de la sortie de crise
Le prochain congrès électif ne doit donc pas être un nouvel épisode de la longue bataille pour le contrôle de la Féguifoot.
Il doit être le point de départ d’une nouvelle ère.
Pour y parvenir, l’État doit prendre ses responsabilités en facilitant le choix d’un président consensuel, indépendant des anciennes querelles et capable de rassembler. Les membres statutaires, pour leur part, doivent jouer pleinement leur rôle dans le choix des vice-présidents et des autres membres du Comité exécutif, conformément aux règles de la Fédération.
Cette démarche pourrait permettre de rétablir la confiance, d’éviter les règlements de comptes et de créer les conditions d’une gouvernance apaisée.
Le football avant les hommes
Aujourd’hui, la question essentielle n’est plus de savoir quel camp remportera la bataille électorale.
La véritable question est de savoir qui pourra réunir le football guinéen autour d’une même vision et mettre fin à une crise qui dure depuis trop longtemps.
L’État guinéen, les membres statutaires et l’ensemble des acteurs du football ont donc une responsabilité historique.
Le prochain président devra être celui de la réconciliation, de la stabilité et du renouveau.
La Féguifoot n’a pas besoin d’un nouveau vainqueur d’une bataille de personnes. Elle a besoin d’un président capable de faire gagner tout le football guinéen.
Marif Youla ( journaliste Sportif. )



