Le football guinéen est arrivé à un tournant décisif de son histoire. Après des années de crises institutionnelles, de conflits de gouvernance, de suspensions, de rivalités de clans et de batailles d’influence, le prochain congrès électif de la Fédération Guinéenne de Football (Féguifoot) doit être celui de la renaissance, et non celui d’une nouvelle descente aux enfers.
Le moment est venu pour l’État guinéen de prendre toute la mesure de ses responsabilités. Certes, la FIFA protège l’autonomie des fédérations nationales. Mais cette autonomie ne saurait servir de prétexte au désordre, aux intimidations, aux manipulations ou aux pratiques qui ont, pendant trop longtemps, pris en otage le football guinéen. L’État doit garantir un environnement serein, sécurisé et conforme aux lois de la République, afin que le congrès se déroule dans la transparence et dans le respect des règles établies.
Avant même l’ouverture du congrès, les autorités doivent lancer un avertissement sans ambiguïté. Tous ceux qui seraient tentés d’orchestrer une nouvelle crise, de contester les règles du jeu ou de semer le trouble devront répondre de leurs actes. Les membres statutaires doivent comprendre qu’ils ont une responsabilité devant l’histoire. Leur mission est de choisir une direction capable de redonner au football guinéen sa crédibilité, et non de défendre des intérêts particuliers.
L’État doit également avoir le courage de regarder une autre réalité en face : celle des influences occultes. Depuis trop longtemps, certains mécènes et réseaux d’intérêts tirent les ficelles dans l’ombre, imposent des agendas, entretiennent des clans et alimentent des divisions qui empêchent toute stabilité. Le football ne peut plus rester l’otage de quelques décideurs de l’ombre qui privilégient leurs intérêts au détriment de l’intérêt général.
Le congrès électif ne doit pas être une foire aux alliances de circonstance ni un marché d’influences. Il doit consacrer le choix libre des membres statutaires dans le respect des textes. La Guinée a besoin d’une élection apaisée, transparente, crédible et dont les résultats seront acceptés par tous. C’est à ce prix que la fédération Guinéenne de football (Féguifoot) retrouvera la confiance des acteurs du football, des supporters et de ses partenaires internationaux.
L’histoire retiendra ceux qui auront contribué à sortir le football guinéen de cette spirale de crises. Elle retiendra aussi ceux qui auront choisi de prolonger le désordre. Le choix appartient désormais à chacun.
Le football guinéen ne manque ni de talents, ni de passion, ni d’ambition.
Ce qui lui manque depuis trop longtemps, c’est une gouvernance stable, responsable et affranchie des calculs personnels. Le prochain congrès offre une occasion unique de refermer un chapitre douloureux. Il ne faudra pas la laisser passer.
Par Youla Marif, journaliste Sportif .