La perspective de voir la Guinée se doter d’un ministère exclusivement consacré aux Sports ouvre un nouveau chapitre pour la gouvernance sportive nationale. Après des années de gestion conjointe avec la Jeunesse, cette séparation pourrait permettre une meilleure prise en charge des nombreux défis auxquels le sport guinéen est confronté.
Mais au-delà de la création d’un nouveau département, une question essentielle se pose : quel profil idéal pour le futur ministre des Sports ?
Le prochain titulaire de ce portefeuille ne devrait pas être choisi uniquement sur des considérations politiques. Le sport est devenu un secteur stratégique, avec des enjeux de gouvernance, d’infrastructures, de diplomatie, de financement et de performance. Il exige donc une personnalité compétente, crédible et capable de dialoguer avec l’ensemble des acteurs.
Le profil idéal serait celui d’un responsable qui maîtrise les textes nationaux et internationaux régissant le sport, connaît le fonctionnement des fédérations, entretient de bonnes relations avec les instances continentales et mondiales, et possède une véritable capacité de management. Il devra également faire preuve de neutralité afin d’éviter toute ingérence dans les affaires internes des fédérations, tout en veillant au respect des lois de la République.
Le futur ministre devra aussi faire de la transparence, de la bonne gouvernance et du développement des infrastructures sportives ses priorités. Il lui reviendra de créer un environnement favorable à l’épanouissement des différentes disciplines, à la professionnalisation des fédérations et à l’accompagnement des athlètes.
Le sport guinéen n’a plus besoin d’un simple gestionnaire administratif. Il a besoin d’un bâtisseur, d’un rassembleur et d’un visionnaire capable de transformer les ambitions en résultats concrets.
La création d’un ministère des Sports autonome ne sera véritablement une avancée que si la personne choisie dispose des compétences, de l’expérience et de l’intégrité nécessaires pour conduire les réformes attendues. Les sportifs, les dirigeants et les supporters jugeront moins les discours que les actes.
Par Marif Youla.



